Retour de Sonar. La moitié des passagers du train que nous avons pris pour retourner à Valencia est comateuse. Les mollets sont en miettes, l’odeur approximative, les oreilles détruites par trois jours intensifs de festival. Du jeudi, 13 heures, au dimanche, 8 heures: 9 heures de sommeil…

La réputation de Sonar n’est plus à faire: il est l’un des festivals de musique électronique les plus appréciés au monde. Américains, Japonais, Français, Anglais, Allemands, tous ont fait le déplacement. Et à moi, que me restera-t-il de ce week-end? Tour de scène des surprises, des tendances, souvent de ce qui se fera cet été, voire de l’année à venir…

J’ai eu plusieurs gros coups de cœur. Le tout premier est le concert de La Roux: les Everything But The Girl ont enfin accouché d’une merveilleuse petite fille! Cette Anglaise [Elly Jackson, la moitié du duo, NDLR] a mis le feu au festival de dia! Elle a une voix qui tue, toujours sur le fil, on adore…

Le même soir, la reine (la mienne en tout cas) m’a tué: Grace Jones nous a fait un concert de dingue devant un public à 70% gay, aux looks à la Mika ou à la Justice (c’est définitivement le retour de la moustache et des pattes). On a dansé, on a crié, on a chanté… On a pleuré quand elle nous a quittés. Elle a 61 ans, un corps de gamine et une pêche d’enfer. Je veux être comme elle. Seul bémol à ce concert: la façon dont le staff de Grace Jones a viré Nacho Marco, un des meilleurs DJs espagnols, quand la miss s’est sentie prête. Vingt secondes chrono. Un DJ est aussi un artiste et ça ne se fait pas, on le laisse terminer son morceau.

Le samedi, j’ai eu une révélation: les Ebony Bones. Elles jouent de l’afro-punk. Si, si, ça existe. Elles sont démentes. La chanteuse a réussi à faire bouger le public dans tous les sens: « To the left, to the right… ». Imaginez une vague humaine qui vous déboule dessus et qui vous emporte à 20 mètres! Si elles passent en France, courez achetez vos places, vous ne le regretterez pas!

Enfin, ma dernière surprise fut le concert d’Orbital. Ils ne sont pas très nouveaux, certes, mais quel bonheur! Ils ont assuré. J’ai encore la chair de poule en pensant à leur Belfast! On avait l’impression en voyant le recueillement du public d’appartenir à une secte, à la secte de la musique électronique.

Le son était globalement très 80’s. Pour preuve, les deux godfathers présents le samedi soir pour finir la nuit: Jeff Mills et Carl Craig. Le Jeff en question a joué le jeudi au Sonar de dia. Un de ces sets qui vous remue les tripes, dont seuls les grands DJs sont capables, une leçon de musique: il nous a offert un voyage dans le temps, du funk à la house en passant par tout ce que la musique électronique nous a pondu de merveilleux. Je me souviendrai longtemps de ce set, comme je me souviendrai du You Make Me Feel de Carl Craig. À pleurer de bonheur.

Donc tout était bon à Sonar cette année? Non. Il y a eu une énorme déception: Crystal Castles. Un set de m… Depuis quelque temps, je me disais que le buzz autour du groupe était un peu surfait! Après sa prestation, plus aucun doute. Cette fille n’a pas de voix et est incapable d’assurer la moindre prestation sur scène. Au bout de 20 minutes, la salle entière la huait!

On ne sait jamais, quand on vient de passer trois jours à danser, quel souvenir, quelle impression va rester d’un festival. Sonar vous donne l’impression d’être un peu plus intelligent, ouvert, heureux! Pour ceux qui auraient le moindre doute, le festival s’est terminé dimanche soir avec le Sonar Kids. Une première du genre. Il s’agit de proposer aux enfants (des premiers participants au festival) une approche quasi-pédagogique de la musique électronique. Les DJ invité pour donner la leçon à los niños? Laurent Garnier. Excusez du peu (voir la vidéo postée sur YouTube ci-dessus).