C’est un jeu de blitz, de la sueur, des envolées vers l’objectif, des contre-attaques, des contacts. Filles ou garçons, on aime leurs yeux rivés vers le panier, ces courses effrénées, ces revirements, la beauté d’une main enroulant la balle pour la caresser vers le but, le bond vers le dunk, la beauté âpre d’un dribble dans la raquette, un choc. Le basketball fait partie de ces sports universels, pétris d’émotions, d’histoire. On pense aux Harlems Globe Trotters, aux mythiques joueurs comme Magic Johnson ou Michael Jordan; à cette magie athlétique de Dennis Rodman ou de Shaquille O’Neal. Et cette ambiance de fièvre au Madison Suare Garden, de New York, pour les Houston Comets emmenées par leur Cynthia Cooper ou les New York Liberty de Teresa Weatherspoon. En France, les foules ont chaviré pour les immenses joueuses de Bourges comme Audrey Sauret ou Yannick Souvré ou celles de Valenciennes avec Sandra le Dréan ou Sandrine Gruda, deux formations longtemps sœurs adversaires.

Comment dit-on déjà? Tous unis mais différents. C’est un peu à quoi ressemble ce week-end de basket. Aux États-Unis, les Lakers de Los Angeles sont à une victoire de la consécration en finale de la NBA contre les Magic d’Orlando. En Lettonie, l’équipe de France féminine tente de devenir championne d’Europe. Elle s’est qualifiée, vendredi, pour les quarts de finale de la compétition.

Allez, écrivons-le: quoi? Une équipe nationale est en quart de finale des championnats d’Europe et on en entend à peine parler! Ne nous emballons pas trop vite: savez-vous qu’en ce moment, en France, les garçons jouent pour la finale du championnat de France de Pro A? Le basket n’est pas le foot et la couverture médiatique oublie de la même façon filles et garçons.

Le basket, en fait, est plus une question de géopolitique. Aujourd’hui, dans le monde, il y a la NBA (National Basket Association) et les autres. La NBA, c’est le championnat américain. Les règles ne sont pas tout à fait les mêmes qu’en Europe (20 secondes au lieu de 25 pour tirer au panier, par exemple), mais surtout, la NBA attire la quasi-majorité des stars de ce sport. Pour la plupart des joueurs, le rêve absolu consiste à évoluer dans ce championnat car c’est ici la quintessence du basket. Audiences télé délirantes, salles pleines, spectacle assuré. Le marketing est au diapason. La NBA a très bien su exporter la discipline dans le monde entier…

De nombreux français ont les honneurs de cette ligue: le plus connu d’entre eux est Tony Parker – l’époux d’Eva Longoria – qui a gagné trois fois le championnat de NBA (2003, 2005, 2007) avec les Spurs de San Antonio. Autre Français en vue, Mickaël Pietrus, qui est cette année des finalistes avec Orlando.

La finale de la NBA en est à son quatrième match, la victoire devant se jouer en quatre succès. Les Lakers, chez eux à Los Angeles, ont empoché les deux premiers points. Mardi 9 juin, au troisième rendez-vous, Orlando a signé une première en gagnant un match en finale, dont Mike Pietrus a été le héros, en interceptant notamment un contre de Kobe Bryant dans les toutes dernières secondes du match. Avant de perdre à nouveau, jeudi, contre Kobe Bryant et ses collègues.

Et pour Mike Pietrus, pour ce basketball absolu, il ne faut pas bouder le basket hexagonal, justement, pas faire les snobs. Dans le championnat de France de pro A, les quatre équipes prétendantes à la finale, le 20 juin, sont au coude-à-coude. Dans les demi-finales qui se disputent au meilleur des deux manches, Villeurbane et Nancy, Le Mans et Orléans ont gagné une manche chacune, et disputent la belle ce samedi à 19h30.

C’est ici, en Pro A, que Mike Pietrus, Tony Parker ou les autres ont fait leurs classes. Il faut regarder les matches d’appui des demi-finales du championnat de France de pro A, c’est l’une des pépinières du basket, qu’il soit américain ou européen.

Et les filles? On leur souhaite tous les bonheurs du monde, remporter le titre, comme en 2001. On souhaite aux jeunes de suivres certaines de leurs aînées en WNBA. On leur souhaite, tout court, une meilleure couverture médiatique.

Photo FIBA Europe / Ciamillo-Castoria