Les joueurs de football de D1 belge, la Jupiler Pro League – l’équivalent de la Ligue 1 en France – sont-ils ou non homophobes? Hier, les médias belges (que nous citions dans la Revue de web) révélaient que selon un sondage de Sport/Foot Magazine, 67,8% des 296 footballeurs de D1 estimaient que les joueurs homosexuels n’avaient pas leur place dans le foot.

Ce matin, la Fédération wallonne des associations LGBT, Arc-en-Ciel Wallonie, appelait à traiter l’information avec prudence. « Selon nos informations, il apparaît en réalité que la question posée aux joueurs était: « Y a-t-il de la place pour l’homosexualité dans le football? » et les réponses étaient Oui, très certainement à 16,2%, Oui, c’est plus ou moins accepté à 16% et Non, cela reste un tabou à 67,8%. Le Club de Mons a confirmé l’exactitude de cette information. La signification des réponses n’est évidemment pas la même. Il y a en effet de la marge entre dire que l’homosexualité reste un tabou dans le football et dire qu’il n’y a pas de place pour les homosexuels dans le football. Les joueurs interrogés apprécieront l’indélicatesse de Sport/Foot Magazine qui n’a pas hésité à travestir leurs réponses et à leur attribuer une image rétrograde. Arc-en-Ciel Wallonie a contacté les clubs wallons dont certains joueurs ont participé à l’enquête ainsi que l’URSBFA (Union Royale des Sociétés Belges de Football – Association) afin qu’ils exigent un démenti auprès du magazine et de la presse. »

De son côté, Het Nieuwsblad, cité par Extrafoot, la communauté des supporters belges, et Footgoal.net, est allé voir directement certains joueurs. Pour Geert De Vlieger, du FC Bruges, « jouer au football, c’est ce qui compte. Donnez-moi un attaquant qui est gay et chaque année met 40 buts », tandis que pour Didier Dheedene, du Germinal Beerschot, il n’y a aucun problème [tant que les homos] se comportent bien dans les douches ». Ah, les douches…

« Les joueurs qui pensent qu’il n’y a pas de place pour les gays ont un esprit étroit. Laissez-les regarder mon cul », a quant à lui déclaré Frederik Boi, du Cercle Bruges, un rien prétentieux.

Côté fédération, le message est un peu fataliste: « Nous avons signé une charte qui explique que nous nous engageons à prendre des mesures si l’homophobie existe, mais nous ne pouvons pas interdire les joueurs de donner leur point de vue personnel, explique Jean-Marie Philips, directeur général de la fédération. Non, la seule action que la fédération peut entreprendre est de souligner que l’homophobie est inacceptable. Tout le monde fait dans sa vie privée ce qu’il veut. Je n’ai aucun problème avec cela. L’homosexualité n’est pas une maladie. »

Finalement, le plus intéressant dans l’affaire, c’est que M. Philips pense n’avoir « jamais rencontré d’hommes gays dans le football. (…)  C’est en contraste avec le football féminin où vous voyez constamment des joueuses qui sont gays ». En même temps, le foot féminin ne passionne pas les foules, donc on risque d’attendre encore longtemps avant de voir un tel sondage proposé aux joueuses.

Illustration La p’tite Blan