« Les personnes homosexuelles ne sont pas autorisées à donner leur sang. Trouvez-vous cela justifié ou pas justifié? ». C’est la question que l’institut de sondage BVA a posé à un échantillon de 1009 personnes « représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus ». La résultat risque d’en surprendre plus d’un: 76% des personnes interrogées ont répondu « pas justifié ». Le commanditaire du sondage est également source d’étonnement (quoique): il s’agit d’Alexandre Marcel (photo ci-dessous), ce gay d’Alès, près de Montpellier, qui a porté plainte en avril dernier contre l’Établissement français du sang pour discrimination (lire notre article). Interview du principal intéressé.

alexandre-marcelComment avez-vous obtenu ce sondage? J’ai eu la chance de rencontrer Gaël Sliman, directeur adjoint de BVA lors de l’émission d’Arte L’avis des autres, où j’avais eu l’occasion de parler une première fois du don du sang. Il avait été assez ému et touché. Il m’avait dit: « si jamais tu as besoin d’un coup de main, contacte-moi et je verrais ce que je peux faire ». Vu la tournure que prend l’histoire et vu ce que j’ai réussi à comprendre sur le taux de prévalence, sur le comportement général de l’État vis-à-vis des homosexuels, j’ai trouvé intéressant de proposer ce sondage-là pour voir comment se situait l’opinion sur cette question. Savoir que 76% des personnes interrogées qui sont favorables à ce que les gays donnent leur sang me donne l’impression d’être moins seul dans mon combat.

Ce chiffre vous surprend-il? Je le pensais moindre. Donc, oui, il me surprend et me procure une joie extraordinaire. C’est la coupe du monde! Plus sérieusement, je suis très heureux de ce chiffre. Je sais désormais que 76% de la population me soutient.

Où en est votre plainte? Elle avance. Une enquête préliminaire a été ouverte. Le procureur a demandé à m’entendre par l’intermédiaire des gendarmes. J’ai donc eu l’opportunité de dire ce que j’avais à dire. Le procureur est paraît-il très bon. En tout cas, c’est quelqu’un qui va creuser l’affaire. Il se pose les bonnes questions.

L’Établissement français du sang a-t-il cherché à vous contacter? Ils ont essayé de rentrer en contact avec moi une fois. Malheureusement, ils ont contacté mon oncle, ce que je ne comprends pas, vu qu’ils avaient mes coordonnées. Depuis, c’est silence radio. Suite à cet appel, j’ai essayé de rappeler le Pr Destruel à Toulouse. C’est lui qui avait essayé de me joindre. En revanche, j’ai l’intention de me rendre dans un hôpital – je ne sais pas encore lequel – et de distribuer des petits cœurs – faute de mieux – pour les enfants polytransfusés en attente de sang.