La passe de quatre?
Roger Federer s’est qualifié, hier vendredi, pour la quatrième fois de sa carrière en finale des Internationaux de France Roland Garros. Le Suisse, battu trois fois par l’Espagnol Rafael Nadal, a l’occasion, demain dimanche, contre le Suédois Robin Söderling – tombeur de Nadal en huitièmes de finale – d’ajouter la Coupe des mousquetaires à son prodigieux palmarès. C’est vrai, on a envie de le voir s’écrouler, demain après-midi, se relever le maillot maculé de terre battue et venir faire l’accolade au Suédois au terme de ce que l’on espère un beau et grand match.

Au long du tournoi, il a montré qu’il pouvait y arriver: mené deux sets à zéro contre Tommy Haas en huitièmes de finale, il était revenu dans la partie. Hier, encore, en demi-finale, il s’en est sorti en cinq manches contre Juan Martin del Potro, grand gaillard d’1,98 mètre à la gueule de playboy et au bras de feu. Deux tennis que l’on aime, qui occupent tout le terrain, de la ligne de fond au filet: points gagnants sur des accélérations, coup droit comme une fusée, le revers parfois feutré, parfois claqué de Federer. Et cette accolade à la fin, ces deux sourires. Tristesse et joie mêlées. Juan Martin del Potro n’a que 20 ans, la vie devant lui, c’est prometteur.

Depuis deux ans, Roger n’a gagné qu’un tournoi du grand chelem, l’US Open en septembre 2008. Après, on attendra Wimbledon avec impatience pour rêver d’un face-à-face Federer-Nadal: le quintuple champion des lieux contre le tenant du titre sur gazon.

Et si Söderling gagne? Il sera le premier Suédois depuis Bjorn Borg, ce sera son premier trophée majeur et cela sera la première fois qu’un autre joueur que Federer ou Nadal gagne un grand chelem depuis la victoire de Novak Djokovic, en janvier 2008 en Australie.

Dinara enfin n°1?
Chez les dames, Dinara Safina et Sveltana Kuznetsova se disputent ce samedi le titre de championne de Roland Garros. Une victoire qui serait une première pour elles deux. Sauf que Dinara, la plus jeune, a un énorme défi à relever. Numéro un mondiale, elle n’a pas encore été adoubée par un titre du grand chelem: « L’an dernier, je n’avais rien à perdre. Cette année, c’est exactement le contraire », a-t-elle déclaré.

Victoire de l’une ou l’autre, elle clôt un tournoi en demi-teinte. Le tennis féminin se cherche, c’est une certitude. Pas sûr qu’il brille ce jour avec deux joueuses qui envisagent la bagarre du fond du court et le tennis comme un jeu de puissance et d’usure.

Voyons le verre d’eau à moitié plein:  il y a des raisons de penser qu’il commence à se retrouver. L’épaule de Maria Sharapova a tenu le coup et Wimbledon commence dans quinze jours. Et cette petite lumière: Samantha Stosur a fini dans le dernier carré à Paris, avant d’être battue par Sveltana Kuznetsova. Pourquoi elle? Parce qu’elle est Australienne, que là-bas, le service-volée est un art de jouer. Samantha Stosur connaît bien ce jeu-là, elle est l’une des meilleures joueuse de double du monde. Elle n’a jamais passé plus de deux tours à Wimbledon, on verra de quoi elle est capable là-bas, maintenant qu’elle a une demi-finale du French Open dans sa besace.

Leur nom sur un bouclier
Perpignan ne l’a pas touché depuis 1957, Clermont Ferrand… jamais. Ils ont l’opportunité, ce soir, d’enfin remporter le Bouclier de Brennus, le trophée du championnat de France du Top 14. L’un ou l’autre, ce que l’on attend ce soir – ce que l’on peut espérer et attendre dans cette chronique…–, c’est du beau jeu, à la main. Tout au long du championnat, ces deux clubs ont prouvé que le rugby, ce n’était jamais mieux qu’en marquant des essais, laissant un peu tomber la mode de la défense intraitable, des scores congrus à la fin. Juste du plaisir, donc. C’est bien ce que l’on fait d’abord sur un terrain de jeux. Jouer.