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Sport | 31.05.2009 - 22 h 48 | 3 COMMENTAIRES
Rafael Nadal redescend sur terre à Roland Garros
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Rafael Nadal a été éliminé, dimanche, dès les huitièmes de finale des Internationaux de France de Roland Garros, par Robin Soderling. Éliminé, c’est presque un mot qu’on ne pensait pas utiliser pour le quadruple vainqueur du tournoi qui n’avait jamais perdu un match à Paris.

Et à la cinquième fois, il tombe. Rafael Nadal a été éliminé, dimanche, dès les huitièmes de finale des Internationaux de France de Roland Garros, par Robin Soderling (6-2, 6-7, 6-4, 7-6). Éliminé, c’est presque un mot qu’on ne pensait pas utiliser pour le quadruple vainqueur du tournoi qui n’avait jamais perdu un match à Paris. Il en aura joué 31 sans défaite.

L’Espagnol, numéro un mondial, n’a pas perdu au terme d’un sommet ou contre un crocodile de terre battue. Il a tout simplement perdu contre un joueur suédois, plutôt enclin au service-volée et aux surfaces rapides mais qui a passé la journée d’avant-match à se convaincre qu’il allait s’opposer à un joueur normal. Sans vouloir mettre un bémol à la performance (mais on en met quand même un), on écrira qu’effectivement, Robin Soderling a eu affaire à un Nadal un peu plus normal que d’habitude. L’Espagnol a commis plus de fautes directes que de coutume, a semblé parfois fataliste. Une attitude qu’on ne lui connaissait pas trop à Paris.

On devrait beaucoup entendre parler d’Histoire dans les prochaines heures et les prochains jours. En effet, Robin Soderling, sèchement battu par l’Espagnol à Rome il y a un mois, restera le joueur qui a mis fin au règle de Rafael Nadal un certain dimanche 31 mai, mais c’est un peu le tennis et le sport que de perdre dans un tournoi (pardon pour la porte ouverte): ainsi le dit Rafael Nadal en conférence de presse: « Vous en connaissez beaucoup qui ont gagné quatre années consécutives ici? Il faut bien perdre un jour”.

La suite? Évidemment, tout le monde pense à Roger Federer, celui qui a toujours été battu par Nadal en finale de Roland Garros et qui n’a donc pu accrocher ce titre à son tableau; le Suisse qui a gagné tous les tournois du grand chelem sauf Roland Garros et cédé sa place de numéro un mondial à Nadal, perdu sa couronne de Wimbledon et des Internationaux d’Australie en faveur de l’Espagnol: “Oui, ce serait bien pour compléter son Grand Chelem, a déclaré Nadal dans sa défaite, dimanche. Cela fait des années qu’il insiste, il a eu la malchance de perdre trois finales et une demi-finale, mais je pense que s’il y a quelqu’un qui le mérite, c’est vraiment lui”.

De là à parler de boulevard pour Federer… Attention au Britannique Andy Murray, aujourd’hui quart de finaliste et qui montre une certaine gourmandise pour la terre battue. Attention à l’Argentin Juan Martin del Potro, 20 ans, peut-être plus à l’aise sur surface dure mais impressionnant partout depuis un an.

Côté français, Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils jouent ce lundi pour une place en quart de finale, respectivement contre Juan Martin Del Potro, justement, et l’Américain Andy Roddick.

Un détail enfin. Le tournoi féminin se porte bien, merci, même si, c’est vrai, le circuit se cherche cette année. Mais il y a des choses à dire: la Russe Maria Sharapova, absente depuis des mois, se qualifie pour les quarts de finale. La Serbe Jelena Jankovic avance, presqu’en camouflage. La Française Virginie Razzano joue le Roland Garros de sa vie et cela fait plaisir à voir. Mais tout cela n’a pas l’air d’intéresser. Ce qui passionne, ce sont les hurlements de certaines joueuses de tennis. En particulier Michelle Larcher de Brito, l’adversaire portugaise d’Aravan Rezai qui a poussé fort la chansonnette lors du troisième tour. La Française s’en est plainte, on peut la comprendre. Le phénomène est récurrent, il en avait été ainsi sur les “gruntings” de Monica Seles au milieu des années 1990. Il y a un côté réducteur du tennis féminin qui est décidément indécrottable.

Remarqués ce dimanche après-midi, dans la belle âpreté du combat, les grognements de Rafael Nadal. Cela doit simplement être autre chose.

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LES réactions (3)
  • Par Roland 31 mai 2009 - 23 H 45

    Robin Soderling a joué à un niveau exceptionnel. En en discutant avec notre chroniqueur tennis, j’ai parlé de victoire « tsongesque » avec des services à 220 au T et à 210 extérieur, plus de trente coups gagnants d’un coup droit dévastateur et surtout, une hargne de la part du Suédois, pressé d’en découdre avec son ennemi depuis un certain troisième tour de Wimbledon 2007.

    Soderling avait alors tout simplement imité Nadal en cours de match, ne s’était pas inquiété de son sort lors d’une chute et ne s’était pas excusé d’un point gagné grâce au filet. En bref, Rafa n’aime pas Soderling car il juge son attitude déplorable. Attitude qu’on a pu à nouveau observer aujourd’hui… Rafa est tombé trois fois, ça n’a pas eu d’effet sur Soderling qui a continué à réclamer ses balles de service. La poignée de mains des deux hommes était glaciale à la fin du match…

    C’est un bien triste exemple de fair-play qui a battu le prince de Majorque… Quel dommage.

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  • Par Domespana 01 juin 2009 - 1 H 25

    Je suis en deuil !!!! Après l’Eurovision, c’en est trop pour l’Espagne !

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  • Par Christophe Martet 01 juin 2009 - 9 H 17

    Mais c’est la loi du sport. La place de premier est faîte pour être prise.
    Merci en tout cas à Benedicte pour ses analyses toujours aussi passionnantes.
    Et pour Dom, rappelons que le Barça a gagné mercredi en football!

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