Comme le chante Whitney Houston, « give me one moment in time/ when I’m racing with destiny ». Pour une poignée de joueurs de tennis, c’est l’un de ces moments de rencontre avec le destin. Roland Garros commence demain, dimanche, finales les 6 et 7 juin.

Voici, pour cette première chronique Terrains de Jeux, qui sera hebdomadaire voire plus en cas d’intense actualité, les chouchous de Yagg pour les Internationaux de France. Musica!

Revival (Eurythmics): Amélie Mauresmo
1999-2009. Mais si, souvenez-vous. Dix ans déjà. Elle arrivait après une absence de trois ans, avec son visage de madone inquiète et son expérience. Steffi Graf n’avait rien d’une favorite et la voilà qui se propulse en finale sur la terre battue parisienne contre Martina Hingis. Un match en total drama que Steffi remporta devant un public chaviré. Une semaine après, elle fêtait ses 30 ans. Et qui fête ses 30 ans cette année? Qui vient de prouver qu’elle avait encore un beau jeu, une belle volonté? Amélie Mauresmo, qui a maintenu la France dans le groupe mondial de la Fed Cup en avril et demi-finaliste à Madrid il y a une semaine. À Paris, elle est tête de série n°16. Ne pas s’enflammer, a-t-elle répété en substance tout au long de la semaine. Mais, à Yagg, on aime juste les belles histoires, alors 13 ans après son titre en junior, dans ce tournoi féminin plus ouvert que jamais (Ana Ivanovic, tenante du titre arrive, par exemple, sans grand repère), on tente le revival.

Vogue (Madonna): Serena Williams
Tout simplement parce que Serena, c’est un tennis de feu, une fille capable de paillettes, de tenues extravagantes et de performances, tout ce qu’on aime. Parce la deuxième mondiale est déjà passée au sommet de ce tournoi, avec un titre en 2002. Et parce que l’on sait que malgré une parenthèse de longues semaines, ce printemps, elle est capable de tout. Une joueuse avec une patate pareille, c’est juste somptueux à regarder. Et bon pour le moral.

Wannabe (Spice Girls): Dinara Safina
Elle arrive à Paris à la tête du tennis féminin et deux victoires probantes, plus que probantes en fait, à Rome et Madrid. Finaliste à Roland Garros l’an dernier et en Australie en janvier, elle assure avoir tiré les leçons de ses défaites. C’est vrai qu’elle a l’air changé, Dinara Safina, moins fébrile au moment de conclure un match, plus joyeuse. Numéro un sans titre du Grand Chelem, cela fait toujours bizarre. La joueuse russe sait aujourd’hui quoi faire pour conquérir Roland Garros. On le dit, le tournoi est si ouvert, une belle opportunité à saisir.

Time After Time (Cyndi Lauper): Elena Dementieva
Elle aussi est dans les parages depuis longtemps. Elena Dementieva a 27 ans et on l’a vue grandir à Roland Garros. De sa finale en 2004 à ces trois points amenés en simple et en double (avec Safina!) en finale de la Fed Cup contre la France en 2005. Elena est passée par toutes les émotions ici. C’est peut-être pour cela que Roland Garros, c’est aussi son jardin. Et puis, Elena Dementieva a su mélanger cette grâce avec cette force vitale aujourd’hui dans le tennis féminin et sur la terre battue, et puis elle est si sympathique. Quart de finaliste en 2008 à Paris, elle n’a pas fait moins que demi-finale dans les trois tournois du Grand Chelem qui arrivent. Comme Amélie, elle n’est peut-être pas la favorite, mais comme Amélie, elle est notre favorite.

Fly Like An Eagle (Seal): Rafael Nadal
Quatre apparitions et quatre titres, malgré une suprématie un brin écornée dimanche 17 mai dans une défaite en finale du tournoi de Madrid contre Roger Federer, Rafael Nadal est favori à sa propre succession à Roland Garros. Et ce type, que voulez-vous, on l’aime. Beau jeu, âpre, opiniâtre, jusqu’auboutiste. Un tennis qu’il a su adapter pour ne pas justement être le joueur de terre battue. À Paris, Rafael Nadal arrive pour la première fois en numéro un mondial en ayant gagné d’autres tournois du Grand Chelem que Roland Garros (Wimbledon 2008 et l’Australie en 2009). Et pour cela, chapeau monsieur, et bon vol.

Just Hold On (Texas): Roger Federer
C’est un peu le retour à la case départ pour lui. À Roland Garros, en 2008, il s’était incliné contre Rafael Nadal avant de voir s’envoler sa couronne de Wimbledon, happée par le joueur espagnol. Roger Federer vient à Roland Garros en dauphin de Rafael Nadal après un début de saison, disons, difficile. Le titre des Internationaux d’Australie perdu face à… Nadal en janvier, pas un titre pendant l’hiver. Mais voilà, Federer reste Federer, cet immense joueur, l’homme aux 13 titres du Grand Chelem; celui qui n’abdique pas sur le chemin de ce titre parisien qu’il n’a jamais réussi à apprivoiser. Federer poursuit sa route, il vient de gagner le tournoi de Madrid face à Rafa, l’adversaire de toujours. Un titre, une confiance retrouvés. Suffisant? Pas sûr. Mais Federer s’accroche. Une place dans l’histoire veut bien cela.

L’homme qui tombe à pic (Haïm Saban): Novak Djokovic
De lui, on retient ce moral de battant, ces combats acharnés, le poing tapé sur le cœur. Novak Djokovic vient à nouveau de la démontrer en demi-finale de Madrid. Quatre heures et deux minutes, trois sets dans une défaite épique contre Rafael Nadal. Le joueur croate devrait être l’empêcheur de tourner en rond de Roland Garros. Le numéro 4 évolue dans la même moitié de tableau de Roger Federer. Le fighting spirit contre la persévérance cela fait de l’épique, non?