À Moscou, après la gay pride avortée – comme prévu – et les arrestations de militants, l’heure est à présent à la gratitude d’une part et à la déception d’autre part. Les organisateurs de la marche – Nikolai Alekseev, Nikolai Baev, Irina Fet et Vlad Ortanov – ont ainsi remercié les 50 personnes qui ont manifesté devant l’ambassade de Russie à Berlin, l’association Tapages qui a organisé un die-in devant le Consulat russe à Strasbourg, le député Vert allemand Volker Beck qui a obtenu du ministère des Affaires étrangères allemand qu’il intervienne officiellement, les journalistes qui ont tous mentionné le combat mené par les militants LGBT dans leurs articles sur l’Eurovision et la présidence slovène du Conseil de l’Europe qui a exprimé son inquiétude. « Les personnes appartenant à des minorités sexuelles jouissent du même droit à la liberté d’expression et à la liberté de réunion que toute autre personne relevant de la juridiction d’un État membre du Conseil de l’Europe », a déclaré Samuel Žbogar, ministre slovène des Affaires étrangères et actuel président du Comité des Ministres.

Les organisateurs de la Slavic Pride regrettent en revanche que les ambassades du Royaume-Uni, de Suède, des Pays-Bas et de Finlande, que les organisateurs avaient invitées à garder un œil sur la marche, aient jugé qu’une action diplomatique serait injustifiée: « Cela montre qu’il est plus facile pour les ambassades de l’Union européenne d’agir dans des petits pays comme la Lettonie (…), mais que lorsqu’il s’agit de la Russie, les choses sont différentes. » Ils se disent également un peu déçus que le candidat néerlandais à l’Eurovision, Gordon, du groupe The Toppers, n’ait finalement pas participé à la marche au prétexte que les organisateurs lui auraient demandé de ne pas venir, ce qu’ils nient.

Toujours en Russie, dimanche, au lendemain de la Slavic Pride et dans le cadre de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie, une quarantaine de villes ont été le théâtre de « flashmobs arc-en-ciel » au cours desquelles des ballons multicolores ont été lâchés dans le ciel (vidéo ci-dessous). C’est à Saint-Pétersbourg que la participation a été la plus importante, avec près de 250 personnes, selon les organisateurs, qui précisent que la police n’a trouvé aucune raison d’intervenir.

C’est également ce samedi que se tenait la Baltic Pride, à Riga. Autorisée, puis interdite, elle s’est finalement tenue à Vermanes Parks. Dans un communiqué, l’Ilga-Europe, qui se dit satisfaite du travail de la police pour assurer la sécurité des participants, s’inquiète cependant vivement de la haine et de l’homophobie extrême qui se sont exprimées autour de la marche. L’association appelle le gouvernement et le parlement lettons à amender les textes qui pénalisent l’appel à la haine raciale afin d’inclure l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre à la liste des motifs. « Si nous sommes conscients que les sanctions légales ne sont pas le seul remède à l’expression de haine extrême, l’Ilga-Europe y voit un signal important, à l’égard du grand public, que l’État n’admet pas de tels propos », souligne l’association.

Enfin à Cracovie, en Pologne, la police a arrêté une vingtaine de personnes qui tentaient, sans succès, de perturber la gay pride.