Cannes, sa Croisette, son Festival, ses policiers homophobes… Deux policiers municipaux, Alain Marty, 38 ans, et Nicolas Persec, 34 ans, ont porté plainte pour harcèlement moral, s’estimant victimes de discrimination de la part de leurs collègues. Et ce qu’ils racontent fait froid dans le dos.

« Ça a commencé avec mon collègue, en 2007, il y a une rumeur qui s’est lancée au sein du service de nuit comme quoi il était porteur du sida, racontait Nicolas Persec sur France Info ce matin. Certains agents du service ont demandé à leur hiérarchie directe à ne plus tourner sur la voie publique avec cet agent. La hiérarchie a cautionné dans le sens où elle a vraiment mis l’agent à l’écart. Mon collègue a fait une tentative de suicide. » Et de poursuivre: « Sur mon casier j’ai retrouvé écrit « 100% tarlouze ». On a tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, et personne n’a rien fait. On a laissé pourrir la chose, comme si c’était normal. »

« Il y a quelques jours, on m’a annoncé que j’avais un cancer de la thyroïde, a précisé Alain Marty au Parisien. L’accumulation de stress n’y est sans doute pas étrangère. »

Plusieurs associations LGBT ont apporté leur soutien aux deux hommes, dont SOS homophobie ou FLAG!, l’association des policier-e-s et gendarmes gays et lesbiennes de France. Le Collectif Contre l’Homophobie, qui accompagne dans ses démarches l’un des deux fonctionnaires, indique dans un communiqué que la Halde a été saisie, et regrette que Bernard Brochant, député-maire UMP de Cannes, « ait attendu que cette affaire soit rendue publique pour qu’il daigne recevoir ses policiers municipaux ». « Le maire a reçu leur délégué CFTC samedi matin. Il recevra les deux agents mercredi », a indiqué à l’AFP Yvette Fouga, adjointe au maire déléguée au personnel municipal. Toujours selon l’AFP, Mme Fouga précise que la mairie est prête à fournir aux deux policiers les moyens de leur défense, dès lors qu’ils en feraient la demande, puisque les faits incriminés se sont produits dans l’exercice de leurs fonctions.

L’affaire n’est pas sans rappeler l’enfer qu’a traversé Christophe Bridou, ex-chef de la police municipale de Garges-Lès-Gonesse, accusé à tort par Nelly Olin, sénateur-maire UMP de la ville, d’escroquerie, de détournements de fonds et de vols, et ce, peu de temps après que son homosexualité a été révélée. Disculpé de toutes ces accusations en 2007, Christophe Bridou n’a toujours pas été réintégré.