Après l’annonce samedi par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot de sa volonté de déclassifier la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée, les réactions affluent. Toutes reconnaissent l’importance du symbole mais espèrent qu’il sera suivi d’actes concrets.

Pour Objectif Respect Trans (ORTrans) et le Réseau d’assistance aux victimes d’agression et de discriminations (Ravad), « cette intention (…) ne doit pas se limiter au champ médical ». « En effet, une grande partie des personnes transsexuelles, à l’occasion de leur demande de rectification d’état civil, se voient exiger par le juge de subir (tant physiquement que financièrement) des expertises médicale et psychiatrique dont il est prouvé qu’elles sont inutiles et ajoutent une lourde pénalité à un parcours déjà difficile », affirment les associations dans un communiqué commun. Elles demandent donc à la Garde des Sceaux « d’enjoindre aux parquets de ne plus requérir ces expertises humiliantes ».

Chrysalide de Lyon , OUTrans de Paris , Pink Freak’X de Montpellier et la Lesbian and Gay Pride de Lyon se disent « troublées » de cette annonce. « Nous sommes étonnés que le ministère persiste à définir les trans’ comme des personnes « qui souffrent de trouble précoce de l’identité de genre », ce qui demeure une présentation pathologisante de la transidentité, à l’instar de l’homosexualité qui était autrefois définie comme « un trouble de l’orientation sexuelle ». » « Nos associations attendent du ministère qu’il rencontre les associations trans’ pour parler des perspectives d’évolutions de la prise en charge médicale et qu’il traduise par des mesures concrètes ce souhait de retirer la transidentité des maladies mentales: le recours à la médecine doit être facilité et non conditionné à un avis psychiatrique. Les personnes trans’ doivent avoir le droit de disposer librement de leur corps. »

« Rien ne change dans la vie des trans’ en dehors de la catégorie qui ouvre droit à un remboursement, et surtout pas la psychiatrisation forcée », souligne Act Up-Paris, pour qui « la transphobie étatique continue ».

Côté politique, Homosexualités et Socialisme (HES) estime que « des actions de formation et de sensibilisation aux problématiques trans et inter-sexes pour tous les personnels médicaux, administratifs et pédagogiques s’imposent désormais ». HES, qui demande « que la HALDE puisse agir plus directement en ce domaine », « revendique un assouplissement et un raccourcissement des démarches de modification de l’état civil, qui doivent pouvoir être menées sans modifications corporelles spécifiques ».

Quant aux Verts, ils « s’inquiètent que rien n’ait été annoncé concernant des dispositions qui permettraient enfin aux trans’ d’évoluer au sein de la société comme n’importe quel autre citoyen de droits ». Pour Les Verts, « le retrait de la transidentité de la liste des maladies mentales doit s’accompagner du démantèlement des équipes médicales dites « officielles » qui sont responsables de la très mauvaise qualité de la prise en charge des patient-e-s trans’ en France, et qui sont dénoncées depuis des années par le tissu associatif. Comme tou-te-s patient-e-s responsables, les personnes trans’ devraient ainsi pouvoir choisir les médecins de leur choix. »