Nuit d’ivresse printanière (voir extraits ci-dessus), de Lou Ye, fait partie des 20 films sélectionnés dans le cadre de la compétition officielle de Cannes 2009, compétition qui débute ce jeudi. Le film raconte l’histoire d’une passion amoureuse torride entre deux hommes, dans un pays où l’homosexualité est encore largement taboue.

Sur le site du Festival, Lou Ye explique ses difficultés à mener à bien son projet: « J’ai commencé à travailler sur le scénario de Nuits d’ivresse printanière dès que j’ai terminé Une jeunesse chinoise. Le problème auquel j’ai été aussitôt confronté est celui de la timidité, pour ne pas dire plus, des producteurs. Dans la mesure où j’avais été « banni », interdit de réalisation pendant cinq ans [par les autorités chinoises], ils ne voyaient pas pourquoi ils financeraient un nouveau film qui de toutes façons ne pourrait être projeté dans les salles chinoises. Ils me répondaient tous: « Rendez-vous dans cinq ans! ». Heureusement, j’ai finalement trouvé les fonds nécessaires grâce au système de financements cinématographiques français, et la partie manquante, à Hong Kong. »


Le film n’a pas encore de date de sortie en France, le buzz cannois lui sera-t-il profitable? À l’heure où nous écrivons ces lignes, il n’est pas très follichon. Pour Le Monde, « le film affronte la peinture des relations sexuelles entre hommes, aligne des cris de jouissance et des crises de sanglots, sans jamais parvenir à nous émouvoir sur ce que vivent les personnages ». Et pour 20 minutes.fr, « le film est beaucoup trop long et l’ennui pointe parfois son vilain nez ».