En novembre dernier, l’annonce de l’annulation par la Cour de cassation de la condamnation de Christian Vanneste avait fait frémir d’incompréhension et de rage la communauté LGBT et, plus largement, toutes celles et tous ceux qui considèrent qu’affirmer que « l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité » est indéniablement homophobe, et que les propos du député UMP du Nord ne devraient pas être protégés par la liberté d’expression.

Act Up-Paris a donc décidé de porter l’affaire devant la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH), estimant que « du fait de l’arrêt de la Cour de cassation, la France expose les homos à des traitements inhumains et dégradants ».

« C’est un précédent à même de conduire à une jurisprudence pour le moins embarrassante, qui autoriserait ainsi à dire que « les Noir-e-s sont inférieurs aux Blanc-he-s » ou que les Juif-ve-s sont une menace pour la survie de l’humanité », etc. C’est aussi la démonstration que les magistrat-e-s de la plus haute juridiction française, qui rendent leur décision au nom du « peuple français », sont encore incapables de voir les dégâts des injures homophobes sur notre vie quotidienne, explique l’association dans un communiqué. C’est aussi l’occasion d’interpeller publiquement les juges de la Cour de cassation sur leurs responsabilités face à l’augmentation des agressions homophobes. La lutte contre le racisme et l’antisémitisme a montré à quel point une tolérance de la société envers les insultes ouvrait la voie aux violences physiques. Lorsque ces magistrats tolèrent dans le débat public des propos comme « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité », il ne faut pas s’étonner que des personnes – dans une société où la prévention de l’homophobie est de surcroît quasi inexistante – prennent cette expression au pied de la lettre et passent à l’acte. »