Dénoncé en 1976 par une religieuse, Antoni Ruiz, un jeune homosexuel de 17 ans, est envoyé en prison pour être « réhabilité ». Il passe plusieurs mois dans un établissement spécialement étudié pour « soigner ces hommes dangereux ». La méthode est simple: les prisonniers visionnent des images d’hommes et de femmes et reçoivent une décharge électrique chaque fois qu’un personnage masculin apparaît.

Depuis 2004, l’association Ex Presos Sociales, dont Antoni Ruiz est le président, se bat pour que l’État espagnol reconnaisse cette répression. C’est chose faite depuis hier: Antoni Ruiz a reçu 4000 euros d’indemnisation du gouvernement. Il est le premier cas traité sur les 185 cas déposés par l’association. « Nous avons beaucoup lutté pour faire connaître notre répression qui a toujours été tabou et nous avons réussi, a-t-il déclaré, très ému. Cette reconnaissance est là, je la tiens entre mes mains, par écrit. Je suis très heureux. »

Dominique Chaudey