Il y a une semaine, le député UMP Jean Leonetti, qui s'est vu charger d'une mission sur "la modernisation de la législation sur l'autorité parentale et le droit des tiers", affirmait, dans un entretien au Figaro, qu'il ne faut pas créer "des droits spécifiques pour un type de population". Le "type de population" en question, ce sont les homosexuels. Dans un communiqué, l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) se dit "profondément indignée" par ces déclarations.

"M. Leonetti s’exprime comme si les conclusions de cette mission étaient déjà écrites", s'inquiète l'APGL. Dans le texte initial, rappelle-t-elle, "le tiers était défini comme un adulte ayant une implication dans l’éducation de l’enfant quelle que soit la nature de ces liens avec le parent. Ce n’était donc pas un texte taillé sur mesure pour les familles homoparentales".

"L'APGL demande à M. Leonetti si l’intérêt des enfants qui vivent dans une famille homoparentale est que le ou la partenaire du parent n’ait aucun droit et aucun devoir envers ces enfants alors qu’il ou elle s’investit dans leur éducation souvent depuis leur naissance?" et appelle le député et "l'ensemble de la représentation parlementaire" à prendre conscience que les familles homoparentales sont une réalité qu’aucun couvercle législatif ne fera disparaitre.

[mise à jour 31/03/09 à 17h32] L'APGL et l'Inter-LGBT ont été reçues hier, mercredi 15 avril, par Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. "L'essentiel de son propos a consisté à nous renvoyer vers la mission sur "la modernisation de la législation sur l'autorité parentale et le droit des tiers" conduite par Jean Leonetti, vice-président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, dont il a souligné l'ouverture d'esprit et la volonté de débattre avec l'ensemble des parties, raconte les associations dans un communiqué commun. Nos deux associations ont manifesté leur volonté de voir maintenues, dans l'exposé des motifs, la mention des situations homoparentales et l'ensemble des améliorations de la loi de 2002 que l'avant projet de loi offre. Elles ont également fait savoir qu'elles souhaitaient voir au plus vite à l'agenda parlementaire le dossier de la mise à égalité des droits sociaux entre
le pacs et le mariage (…)."

Et à Jean-François Copé qui soulignait "des évolutions dans les mentalités des membres de sa majorité depuis le débat sur le Pacs", elles ont répondu "qu'elles espéraient qu'ils n'auraient pas les mêmes
regrets dans dix ans quant au débat relatif à l'homoparentalité".

Judith Silberfeld

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