La Cinémathèque française programme à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 11 juin une rétrospective consacrée à Cecil B. DeMille. Spécialisé dans les superproductions bibliques (Les Dix Commandements, Samson et Dalila), Cecil B. DeMille fut d'abord un des grands cinéastes du muet.

Ses films des années 20 et 30 sont marqués par un sens de la démesure des sentiments et une sensualité exacerbée.

Avant l'instauration du code de censure en 1933, qui a banni à Hollywood toute scène explicite sur l'homosexualité, Cecil B. DeMille a souvent montré avec délectation le vice… pour mieux le dénoncer. Il n'est pas d'exemple plus frappant que dans cette scène de séduction lesbienne extraite du Signe de la Croix (1932), dans laquelle la sensuelle Ancaria tente de séduire la prude et chaste Mercia en chantant et dansant sur The Naked Moon (tout un programme). Selon Didier Roth-Bettoni, auteur de L'Homosexualité au cinéma, cette scène "doit tout à la fois servir le propos religieux affiché du film (la vertu triomphant du vice) mais aussi choquer […] et émoustiller." Un pur délice.

Christophe Martet

Rétrospective Cecil B. DeMille, à la Cinémathèque française, jusqu'au 11 juin. Projections du Signe de la croix le 3 avril et le 9 mai. Programme complet sur le site de la cinémathèque.