La semaine dernière, on apprenait que l'examen par le parlement du projet de loi sur l'autorité parentale et le droit des tiers était reporté au mois de septembre (lire notre article). Vous êtes majoritaires à penser que "c'est un abandon qui ne dit pas son nom" et que la loi ne verra jamais le jour, si l'on en croit les résultats du sondage que nous vous proposions ce week-end. Pour Beaucoupadire, "c'est un projet qui ne verra pas le jour tant que Madame Boutin (et consorts) seront au gouvernement." En revanche, pour NicQ, il s'agit d'un "report. La raison? Ne pas montrer que le gouvernement "aime" les homos avant les élections européennes de juin."

Pour sa part, l'Association des parents gays et lesbiens (APGL) "regrette que le président de la République semble revenir sur un de ses engagements de campagne pour donner des gages à la partie la plus conservatrice de sa majorité".

Dans un communiqué, l'association "rappelle que ce projet répond d’abord à l’attente des familles recomposées et de manière imparfaite et insuffisante à celle de certaines familles homoparentales". Elle "espère que la commission parlementaire qui va travailler sur ce texte ne remettra pas en cause les avancées qu’il contenait et que "la dédramatisation" souhaitée par le député UMP Jean Leonetti ne signifie pas l’organisation de la fin de vie du projet".

Jean Leonetti, spécialiste des questions de société à l'UMP, auteur de la loi sur la fin de vie à qui de nombreux observateurs ont reproché de ne rien apporter de nouveau, a en effet été chargé, au grand dam de Nadine Morano, de constituer un groupe de travail parlementaire sur le texte défendu par la secrétaire d'État à la Famille.

[mise à jour 31/03/09 à 17h32] L'Inter-LGBT, quant à elle, soupçonne Nicolas Sarkozy d'adopter la "politique de l'autruche" face aux revendications LGBT. "Même si ce projet de réforme n’apporte aucune nouveauté significative par rapport à la délégation de l’autorité parentale mise en place par la loi de mars 2002, précise le collectif dans son communiqué, il a toutefois le mérite d' améliorer la reconnaissance des familles homoparentales par la mention de leur existence dans les motifs de la loi et la sécurité des liens que le parent non biologique pourra entretenir avec l'enfant, avec, en particulier, la possibilité de permettre le partage de l'autorité parentale entre deux homoparents par simple homologation devant le juge et la possibilité facilitée donnée au parent non biologique, qualifié de "tiers", de saisir lui-même le juge en cas de décès du parent biologique." L’Inter-LGBT souhaite "que le temps nécessaire à la réflexion du gouvernement et des parlementaires [conduise] aux évolutions et attentes des familles homoparentales, et donc à une reconnaissance de la filiation pour les couples non mariés (pacsés et concubins), à travers l’ouverture de l’adoption de l’enfant du partenaire. La sécurité véritable des liens entre les parents et les enfants nés dans un cadre homoparental en dépend." L'Inter-LGBT espère également que l'ajournement du projet de loi "moins de quinze jours après la relance de l’entente parlementaire menée par le député Jean-Marc Nesme, n'est qu'une simple coïncidence".

Judith Silberfeld