Un prix Nobel de médecine, Françoise Barré-Sinoussi, le directeur de l'ANRS, Jean-François Delfraissy, le Professeur Yves Lévy et Bertrand Audoin, de Sidaction, ont publié hier dans Le Monde une lettre ouverte au pape, critiquant les propos de ce dernier sur le préservatif.

Plutôt que de placer le débat sur le terrain des idées, les signataires de la lettre ouverte rappelle à Benoît XVI les données scientifiques sur le préservatif accumulées depuis plus de 25 ans. "L'analyse globale de près de 140 articles scientifiques, écrivent-ils, consacrés au suivi de couples où l'un des deux partenaires est séropositif démontre de manière irréfutable que l'utilisation régulière du préservatif permet de réduire d'au moins 90 % le risque de transmission du VIH, mais également d'autres maladies sexuellement transmissibles."

Ils démontrent ensuite pourquoi les propos du pape relèvent d'un cynisme insupportable: "Vous ne pouvez pas ignorer que, sur les 33 millions de personnes vivant avec le VIH, près de 22 millions vivent en Afrique, là même où vous avez souhaité vous exprimer sur cette question du sida. Vous savez que, sur les 2,7 millions de personnes qui se sont infectées par le VIH en 2007, 45 % ont entre 15 et 24 ans. C'est cette jeunesse, de laquelle vous espérez tant être écouté, que votre position risque, entre autres, d'exposer à un risque accru d'infection par le VIH. Votre position sur cette question est dangereuse pour l'humanité."

Christophe Martet