L'avant-projet de loi sur l'autorité parentale et le droit des tiers met la classe politique dans une situation assez comique: la majorité, censée porter le texte, ne sait pas trop sur quel pied danser, tandis que l'opposition juge qu'il va dans le bon sens (mais pas assez loin).

Le face-face publié samedi par Le Figaro Magazine entre Jean-Marc Nesme et Christophe Girard en est une bonne illustration, puisque l'élu UMP explique qu'une "bonne partie de la majorité" est perturbée, et l'élu PS trouve "cocasse (…) de devoir défendre le projet du président de la République et de la secrétaire d'État à la famille". Les arguments de chacun sont classiques, mais au fil du débat, Christophe Girard marque indéniablement des points, ne cédant pas un pouce alors que Jean-Marc Nesme admet qu'il faut "aussi faire des concessions".

D'autre part, Dimanche + consacrait hier un reportage au "statut du beau-parent" (vidéo ci-dessous), dans lequel Christine Boutin refuse de s'exprimer, Christian Vanneste parle d'"écologie humaine", Jean-Marc Nesme se répète, Ségolène Royal s'amuse et Noël Mamère n'est pas dupe: "Je pense que le président de la République est un très habile manipulateur de communication et que pendant que la presse et l'opinion ont le regard tourné vers cette discussion sur l'homoparentalité, ça permet d'oublier l'essentiel, c'est-à-dire la crise qui avance et qui détériore encore un peu plus notre société".

Judith Silberfeld