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En 2006, 174 députés – dont M. Nesme et Christine Boutin – avaient signé cette fameuse entente parlementaire pour "le droit fondamental de l'enfant d'être accueilli et de pouvoir s'épanouir dans une famille composée d'un père et d'une mère". Le texte avait été rendu public quelques jours avant la remise de son rapport par la mission d'information parlementaire sur la famille, dans le but de faire pression sur les pouvoirs publics afin qu'ils ne touchent ni au mariage ni à l'adoption.

Interrogée par Yagg, Marie-Pierre Micoud, co-présidente de l'Association des parents gays et lesbiens (APGL), estime que "M. Nesme n'a probablement pas réalisé les conséquences de ce à quoi il s'oppose, les conséquences qu'il fait peser sur nos enfants". "Nos enfants sont les victimes de l'absence de prise en compte dans la loi de nos familles depuis plus de 20 ans, poursuit-elle. Et ce, alors qu'il y a une large acceptation de l'homoparentalité par l'opinion publique." Et de préciser: "Le statut du tiers est une avancée symbolique forte, mais dans la vie de tous les jours, ce n'est qu'un tout petit pas. La réaction de Jean-Marc Nesme est disproportionnée et insoutenable."

Invitée ce matin de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV (vidéo ci-dessous), Christine Boutin en a rajouté une couche, en tant que présidente du Forum des républicains sociaux (et non comme ministre du gouvernement, insiste-t-elle): "Ce que le Forum des républicains sociaux constate, c'est qu'au fur et à mesure que le temps passe se pose la question de savoir si c'est la famille biologique qui est toujours le modèle et qui a la suprématie sur tout autre modèle, si c'est la famille biologique qui est le fondement de l'organisation de la société française, ou si c'est la famille sociale." "Ce n'est pas juste la question de l'adoption par des couples de même sexe, réfute-t-elle. Le statut du beau-parent crée une fêlure dans l'autorité parentale qui jusqu'à présent était fondé sur la famille biologique."

Judith Silberfeld

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