Dans un communiqué commun, l'Inter-LGBT, l'Ardhis et Solidarité Internationale LGBT s'inquiètent de ce que les autorités françaises "confondent trop souvent  lutte contre l'immigration irrégulière et respect du droit d'asile". Les trois associations citent l'exemple de Saad, jeune homme égyptien qui n'a échappé à l'expulsion que grâce à une décision médicale.

Très au courant des réalités auxquelles sont confrontées "les personnes qui demandent l’asile en France afin de fuir les persécutions, étatiques ou privées, qu'elles subissent ou risquent de subir en raison de leur  orientation sexuelle ou de leur identité de genre", elles "demandent à la France une grande vigilance dans le traitement de ce type de dossiers".

"En effet, expliquent-elles, en cas de persécutions homophobes, lesbophobes ou transphobes, les preuves concrètes sont la plupart du temps très difficiles à fournir. Homosexuel-le-s et transexuel-le-s privilégient parfois la discrétion sur le motif réel de leur demande pour se protéger en cas de retour forcé vers leur pays d’origine, et même pour éviter que des compatriotes déjà présents en France ne l'apprennent. Cela nécessite que la confidentialité soit assurée, mais aussi de laisser aux personnes le temps de faire émerger leur récit, et donc probablement une meilleure formation des agents de l'OFPRA [Office français de protection des réfugiés et apatrides] aux questions LGBT."

Les associations dénoncent aussi "la notion de pays d'origine sûr": "dans la liste des 15 pays établie par l'OFPRA le 12 juin 2006, cinq pénalisent les relations homosexuelles entre adultes consentants…" "La protection effective des personnes LGBT cherchant à trouver asile marquerait l'engagement réel de la France en faveur de la lutte contre l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie dans le monde," concluent-elles.

Judith Silberfeld

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