Le 18 février, le New York Post publiait une caricature de Barack Obama représenté en singe. Scandale. Un tsunami de protestations a déferlé sur l’Amérique. Que le New York Post présente aujourd’hui ses excuses, c’est bien. Venant d’un tabloïd qui appartient au groupe Murdoch, c’est encore mieux.

Certains ont relevé que Sean Delonas, le caricaturiste en question, n’en est pas à son premier dérapage. Les gays et les lesbiennes (dont Rosie O’Donnell et Amélie Mauresmo) ont souvent été parmi ses cibles préférées. Les femmes, les noirs, les pauvres, les gays (enfin presque tout l’électorat démocrate) inspire souvent cet artiste très "républicain"… Mais aux États-Unis, l’homophobie a semble-t-il encore de longues années devant elle: lorsque le New Jersey a autorisé en 2006 la signature d’unions civiles entre personnes de même sexe, personne ne s’est ému du dessin du même Sean Delonas dans le même New York Post. Loin de moi l’idée de vouloir censurer ou limiter le droit de rire de tout. Mais pourquoi a-t-on le droit de rire des gays et pas des blacks? Peut-être le mouton est-il moins choquant que le singe!

Dominique Chaudey