Seule la victoire est belle? Pas si sûr. Un succès, c’est ce que l’on peut retenir du deuxième match de l’équipe de France dans le Tournoi des VI Nations, contre l’Écosse, hier samedi au Stade de France: 22 à 13, un seul essai de chaque côté et des pénalités pour épaissir le score (cliquez sur la photo pour une vidéo des meilleurs moments). Dommage, on s’attendait à une partie débridée entre deux jeunes équipes, un peu un match de gamins gourmands. Bien sûr, des gerbes d’étincelles, l’essai de Fulgence Ouedraogo, celui de Thom Evans, mais sinon, fautes de mains, fautes tout court. Pas de partie gourmande mais brouillonne. C’en est presque plus frustrant que la défaite contre l’Irlande le 7 février.

Il n’empêche et l’on n’en démord pas: ces Français cherchent, travaillent, tentent. Ça ne passe pas, ça ne casse pas non plus et ce n’est pas loin, finalement, pour que le Quinze de France s’approprie son style fait de jeu à la main – en rugby, on appelle cela faire vivre le ballon. Quand le jeu de notre enfance de quadra s’appelait le rugby champagne.

Et si le Quinze de France avait besoin d’un immense défi pour apprivoiser ce rugby à risques? Si c’est le remède, il arrive à point. Le 27 février, la France rencontrera le Pays de Galles, tenant du titre (un grand chelem) et invaincu en 2009 qui a dominé l’Angleterre, samedi (23-15).

Moins flamboyants que contre l’Écosse, les Gallois ont fait le métier, chez eux, dans le magnifique Millenium Stadium, chaudron gallois chauffé à blanc qui chantait fort et bien, et même à la télé, cela flanquait la chair de poule. Un match de tampons et de caramels, de fières empoignades, ça grognait, ça cartonnait, mais pas de beauté brute parce que trop d’indiscipline des Anglais, eux aussi en construction. Faudrait-il déjà se languir du tournoi 2010, quand tous ces garçons auront grandi?

Bénédicte Mathieu