Quarante-huit heures après le vote du Conseil de Paris (élus UMP présents compris) demandant à Roselyne Bachelot de revoir sa copie sur l'interdiction faite aux gays de donner leur sang, confirmée dans un arrêté du 14 janvier dernier, la ministre de la Santé s'est exprimée hier sur le sujet lors des questions orales à l'Assemblée. "Dès que la prévalence [de l'infection par le VIH-sida] se rapprochera pour la population homosexuelle masculine de celle de la population hétérosexuelle, nous lèverons cette interdiction", a-t-elle déclaré, soulignant que cette prévalence était "de 10 à 20%", selon l'Institut de veille sanitaire, alors qu'elle était de 0,2% dans la population hétérosexuelle.

C'est ce qu'on appelle botter en touche. Roselyne Bachelot ne dit surtout pas comment son ministère compte s'y prendre pour faire baisser la prévalence. Ce n'est certes pas au rythme actuel des campagnes de prévention en direction des homosexuels que les choses vont changer. Et la ministre de la Santé ne répond pas sur la façon dont les choses sont présentées, dans le questionnaire et dans l'information, afin de rendre cette interdiction non discriminante.

Yannick Barbe avec AFP