Décidément, l'arrêté du 14 janvier 2009, qui confirme l'exclusion des gays du don du sang (lire notre précédent article), ne passe pas. Après les associations, c'est au tour de la Ville de Paris d'interpeller la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, par un vœu déposé par les élus du groupe communiste, repris par l'exécutif parisien, et voté le lundi 2 février, par l'ensemble des élus du Conseil de Paris présents, UMP compris.

Après avoir rappelé les enjeux, la sécurité transfusionnelle d'une part et les modalités pratiques de son application dans un cadre éthique et non discriminant, le Conseil de Paris demande notamment à Roselyne Bachelot que "les conditions d'un large débat éthique et démocratique, public et transparent, soient assurées autour des questions de sécurité sanitaire". Pour le Conseil de Paris, la ministre de la Santé doit demander leur avis au Conseil national du sida et aux associations. Enfin, elle doit envisager "avec l'Établissement français du sang, les pistes d'amélioration de son questionnaire, qui sans compromettre les obligations de sécurité sanitaire, réduisent son caractère stigmatisant ou discriminant."

La balle est désormais dans le camp de Roselyne Bachelot, dont la tâche est difficile: ne rien faire serait lui faire perdre le crédit qu'elle garde encore auprès de la communauté gay et lesbienne grâce à son engagement précoce pour le pacs, mais renoncer à l'interdiction s'avère délicat après des années d'atermoiements et de volte-faces.

Christophe Martet