Vous avez été très nombreux à adorer le premier guide de survie de l’ami Maxime, Draguer hors les murs, mis en ligne il y a 15 jours. Pour ce deuxième épisode, le galopin aborde le sujet sensible de l’agression homophobe. Et il sait de quoi il parle…

GUIDE DE SURVIE N°2: SURVIVRE À UNE AGRESSION HOMOPHOBE

Ça t’est peut-être déjà arrivé, ou alors tu as peur que ça t’arrive un jour, mais ça arrive parfois (attention, musique inquiétante): l’attaque homophobe. Le seul moyen apparemment d’éviter de se faire latter la gueule à coup de savates le soir quand on a quitté ses copines dindes et pris le raccourci par la ruelle, pour beaucoup, c’est:

  • ne pas avoir de copines dindes
  • s’habiller en gris
  • ne jamais parler aux gens
  • ne jamais aller dans un lieu gay
  • ne dire à personne qu’on est homo

MAIS encore une fois, Yagg est là pour t’aider. Voici ton petit
guide spécial insécurité pour survivre comme une déesse quand on
t’attaque (la beauté, ça enrage les laides).


J’ai testé pour toi, ça fonctionne. La clé est l’anticipation: dès que vous sentez que l’agression est en route, hurlez. Tous poumons déployés, pensez à la scène de la douche dans Psychose, et hurlez en voix de fausset. Mais attention, quand je dis à fond, ce n’est pas une blague, il faut terroriser votre agresseur, ambiance film gore sur la torture qui fait vomir et tout. Normalement, le vilain devrait détaler. Bon, évidemment, cette méthode est risquée, il est possible qu’il vous plante une lame pour vous faire taire. C’est quitte ou double, mais zut, il allait vous voler votre iPhone quand même! Si tu penses vraiment que ta vie vaut plus qu’un iPhone, c’est ton choix.


L’idée est de prendre votre agresseur de court, en lui embuant le cerveau de faits qui n’ont rien à voir. Parle-lui d’éléphants en liberté consignée, de ta grand-mère et de son problème rectal, de l’échelle qui est trop courte mais dont le dernier barreau a été scié par Jean-Paul, seulement attention à la poutre verte. N’importe quelle connerie absurde qui peut sortir de ta bouche, mais expliquée avec calme et minutie, comme s’il fallait être idiot pour ne pas comprendre. Quand ton agresseur te dit « quoi?? », reprends depuis le début avec encore plus de calme et de minutie, puis tourne les talons pendant qu’il se gratte la tête en imaginant un éléphant dans l’anus de ta grand-mère perchée sur une échelle.

Roule-toi par terre en hurlant « Je suis malade du
sida! Je suis malade du sida! ». Normalement, ton agresseur est con et
devrait refuser de te toucher.


J’ai également eu beaucoup de succès avec cette technique qui consiste
à aller chercher la folle la plus hystérique au fond de toi. « Oh mon
grand fou, tu m’as foutu une de ces chocottes! Mazette, j’en ai le rimmel
tout craquelé » avec la main sur la hanche, les yeux en l’air, le grand
spectacle quoi. Ça fonctionne un peu comme la méthode Act Up,
l’agresseur homophobe (qui est souvent la proie de ses propres désirs
homosexuels) a très peur des folles, peur que ça s’attrape. Le mien
s’était éloigné d’un coup en me pointant du doigt et en rigolant: « Oh
la grosse folle! ». Sauf que j’étais déjà loin, quand même vexé de
m’être fait traiter de grosse.

Tu ne le sais pas encore mais tu souffres d’une apoplexie cardiaco-musculaire qui provoque un défaut de la valve urticulaire de ton diaphragme. Non, ça ne veut rien dire, mais ton agresseur n’est probablement pas médecin. L’idée ici est de lui faire croire que tu es en train de mourir. Respire très fort, tiens-toi le buste, mais avec une tête qui dit « pas de panique je vais peut-être m’en sortir vivant, mais il faut que je reste calme ». Le mec, pas de bol, il est tombé sur un grand malade qui en cas de stress peut crever en une minute, et sa petite agression de minuit vient de se transformer en meurtre. Le temps de relever la tête, il s’est barré, c’est garanti.

Quand tu te rends compte que ce qui a commencé en « Eh t’as pas une clope? » vire à l’agression, souris. Un sourire triste, genre « manquait plus que ça ». Une fois qu’il est décontenancé et un peu énervé par cette réaction inattendue, explique-lui, avec résignation, que tu reviens de l’hôpital où tu as dit adieu à ta mère qui est en phase terminale du cancer de l’œsophage. Quand j’ai testé cette méthode, le mec m’a dit « Oh pardon, bon allez, sans rancune, hein, bon courage », et il est allé agresser quelqu’un d’autre.

N’oublions pas les classiques. Pointe du doigt derrière ton agresseur et dis « Oh! Adriana Karembeu là-bas! » (tu ne la connais pas, c’est normal, il s’agit d’une femme de footballeur qui a des gros seins). Puis, détale.

Rappelle-toi tout de même que la libération des homosexuels a démarré un soir de juin 1969, avec la révolte d’un groupe de travelos contre une descente de police. Ces hystériques ont latté les flics à coups de talons. Tu les célèbre tous les ans à la gay pride, alors le moment est venu de montrer de quoi tu es capable. Bah oui, un talon dans l’œil, ça fait mal. Un coup de sac à main dans la gueule aussi. Tu as opté pour le look butch? C’est con.

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