Les épisodes 3 et 4 de Clara Sheller ont été plus regardés que les précédents, avec respectivement 4,1 et 4 millions de téléspectateurs (contre 3,6 millions la semaine précédente). Yagg était aussi devant son écran. Retrouvez les comptes-rendus après le lien ci-dessous et n'hésitez à nous donner votre avis. 47% d'entre vous ont apprécié les deux premiers épisodes (voir les comptes-rendus et le sondage de la semaine précédente), dites-nous si avez aimé ceux-là en votant ici et en laissant des commentaires après ce post.

Épisode 3: Une femme peut en cacher une autre
Rappel des faits: c'est la crise — existentielle — dans l'immeuble occupé par la bande de Clara Sheller. Clara a mis en danger son couple avec un bobard de trop. Gilles, son mec, fuit d'ailleurs toute confrontation avec une excuse toute trouvée: il prépare sa première grande expo chez le mari de Victoire. JP est plus seul que jamais après la fin de l'aventure avec le jeune Brad.

L'épisode n°3 est une belle réussite. On vous disait la semaine dernière que Victoire, la collègue de bureau de Clara, semblait cacher quelque chose. On sait maintenant quoi. Elle est mariée à un type odieux. Ce qu'elle résume avec cette phrase savoureuse: "Il se tape des pouffiasses, mais au fond c'est moi qu'il aime". Voilà ce qui s'appelle parler à la ménagère de moins de 50 ans.

La qualité d'une série se juge aussi à l'aune de ses seconds rôles. Ici, nous sommes servis avec la composition d'une Marie-France Pisier (ci-dessus) en grande forme dans le rôle d'Iris. Cette dernière, l'une des "pouffiasses" évoquées par Victoire, aide Gilles à préparer son expo en lieu et place du mari de celle-ci. Le sang de Clara ne fait qu'un tour lorsqu'elle apprend la nouvelle, Gilles s'étant bien gardé d'évoquer le sujet jusqu'ici. Elle part donc immédiatement à la rencontre de sa rivale supposée. Autant dire qu'elle n'est pas déçue du voyage. Pour la fourrure, Iris confie être "exclusivement lesbienne". Pour le reste, c'est indubitablement une croqueuse d'hommes et ajouter Gilles à son tableau de chasse ne serait pas pour lui déplaire. Si la Samantha Jones de Sex and The City a une cousine française, on vient de la retrouver.

L'affrontement Clara-Iris semble en tout cas avoir inspiré le scénariste (voir son interview sur Yagg). Et d'une, l'idée de sous-titrer les dialogues est une jolie trouvaille. Quoique quasi inutile tant les deux actrices jouent bien. Et de deux, le remake d'une scène de Dynasty (l'une des bagarres entre Joan Collins et Linda Evans — voilà ce qui s'appelle parler à la ménagère homosexuelle qui approche les 50 ans) est absolument irrésistible. Clara ne fait évidemment pas le poids. Et le cat fight se termine par une belle — et hilarante — humiliation publique.

Avec tout ça, on en oublie presque JP. Ce dernier finit par céder aux avances de Pascal, son voisin du dessous. Non seulement celui-ci est en couple avec Denis, mais c'est le prototype même du mec en couple qui se pose des questions, que chaque célibataire doit éviter comme la peste. JP cherche donc la m…, gageons qu'il va vite la trouver.

Épisode 4: Des chrysanthèmes pour Bernard
Pas manqué. Après une gaffe — un peu téléphonée — de Clara, Denis découvre la liaison de son mec et s'empresse d'y mettre un terme en forçant JP à une cascade façon Rémy Julienne dans les escaliers. Gilles s'interpose et offre un petit massage de réconfort à son ancien flirt. On comprend à ce moment-là que l'épisode va doucement s'orienter vers un retour de flamme entre JP et Gilles. Et on a mal à l'avance pour JP. Car s'il y a une chose pire que de coucher
avec son voisin maqué, c'est bien de tomber amoureux d'un hétéro.

En attendant, Clara continue à saboter tranquillement sa relation avec l'hétéro ma non troppo et, par voie de conséquence, sa relation avec tout ce qu'elle compte d'amis. Elle fricote avec son ex, dit "niquer" et "pute" devant les enfants de sa meilleure amie, elle fait tomber une bûche sur Bernard le poussin, qu'elle traitait comme son enfant deux minutes auparavant, elle achète des pilules alors qu'elle est censée essayer de tomber enceinte, et elle finit par "emmerder" tout le monde et de manière plutôt explicite. Petite exception pour sa mère, Anny Une famille formidable Duperey, mais elle a un cancer. Donc, bon.

Le second rôle de l'épisode, c'est Joseph, un "vieux pédé" désabusé, incarné par Patrick Bouchitey, qui se lie d'amitié avec JP.  Sympathique, mais on préférait Iris (peut-on tourner un spin-off autour de son personnage?).

Au final, cet épisode se révèle moins palpitant que le précédent. D'abord parce que les atermoiements Clara-Gilles finissent par être un peu lassants. Ensuite, parce qu'on ne sait pas si on doit croire au revirement de cuti de Gilles. La suite au prochain épisode, comme on dit.

Xavier Héraud