Bintou Dembele de l'association Arcad-Sida par yaggvideoBintou Dembele est médecin. Elle est responsable d’une association de prise en charge des malades du sida au Mali. À l’occasion d’une conférence de presse organisée par plusieurs associations (Oxfam France, Aides, Sidaction et Act Up-Paris) qui s’est tenue hier, le Dr Dembele lance un cri d’alarme (voir notre vidéo ci-dessus): la baisse des aides des pays riches et du Fonds mondial va mettre à mal les programmes de prise en charge, d’accès aux soins et aux traitements dans des pays qui ne peuvent faire face seuls à l’épidémie. Des malades ne seront pas soignés, des femmes ne bénéficieront plus du traitement de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.

De leur côté, les associations reprochent aux pays riches d’avoir poussé le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, à diminuer de 25% certains programmes d’aide aux pays pauvres. Pourtant, soulignent les associations, les pays riches du G8 se sont à maintes reprises engagés à augmenter l’aide publique au développement pour atteindre notamment l’un des objectifs qu’ils s’étaient fixés: l’accès universel aux traitements en 2010. Selon les associations, cet objectif semble totalement oublié et ne pourrait être atteint qu’en 2025! Pourtant, les sommes en jeu représentent moins de 1% des 1500 milliards de dollars mobilisés cet automne par l’Europe et les États-Unis pour « sauver » les banques et le système financier.

Concrètement, plus de 75000 malades pourraient être privés de traitement en raison des coupes dans les budgets d’aide du Fonds mondial, décidées le 6 novembre dernier à Delhi.