Comme le laissait entendre Marjolaine Degremont, présidente d’Act Up-Paris, dans notre vidéo mise en ligne aujourd’hui, les associations Act Up-Paris et SOS Homophobie ainsi que le Sneg, qui s’étaient portées parties civiles contre Christian Vanneste pour dénoncer les propos pour lesquels il a été blanchi hier par la Cour de cassation, vont saisir la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). La CEDH "dira si oui ou non la France, au travers de la Cour de cassation pouvait juger ainsi", a déclaré Caroline Mecary, l’avocate des associations, ajoutant qu’il "est déjà arrivé par le passé que la France soit condamnée pour des décisions de ses plus hautes juridictions (Cour de cassation ou Conseil d’État) au caractère réactionnaire".

De son côté GayLib, le groupe homo de droite lié à l’UMP, fait part de sa "profonde consternation" suite à la décision de la Cour de cassation. "La quintessence de la liberté d’expression peut-elle consister à insulter son prochain?", s’interroge l’association. Et de conclure: "Nous regrettons cette interprétation de la loi de 2004, et nous ne manquerons pas d’utiliser très directement notre liberté d’expression. Nous sommes déterminés à ne pas nous laisser insulter et mépriser par les sectaires, les intégristes de toute sorte et les nostalgiques d’un Ordre moral."

Quant au député Vert Noël Mamère, il a qualifié de "scandaleux" l’arrêt de la Cour de cassation, estimant que cette dernière cautionnait ainsi "des propos homophobes". "M. Vanneste est moralement inférieur parce qu’il est homophobe", a déclaré le député-maire de Bègles.

[mise à jour 14/11/08 à 10h38]
La Secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, s’est déclarée "effarée" par la décision de la Cour de cassation. "Une nouvelle fois cette droite peut se dire qu’elle a carte blanche pour diviser, monter les unes et les uns contre les autres, donc écraser ce qui ne rentre pas dans la norme dominante, ajoute-t-elle. Une fois de plus je me dis: "Que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".
Il faut vraiment que cela change!"

[mise à jour 15/11/08 à 18h02]
Dans un communiqué publié le 14 novembre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) "déplore" la décision de la Cour de cassation. "Si la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme considère que le débat politique permet d’échanger des arguments vifs et des idées qui choquent, ajoute la LDH, peut-on tolérer qu’un élu de la République profère une expression délibérée qui soit stigmatisante pour une catégorie de la population, ceci dans l’ignorance du peuple qu’il représente, parmi lequel se trouvent des homosexuel-le-s et des hétérosexuel-le-s?" Et de conclure: "La Haute juridiction prend le risque que ces propos indignes justifient les discriminations dont les homosexuel-le-s sont, aujourd’hui encore, les victimes, et les violences homophobes qui vont parfois jusqu’à l’assassinat délibéré."

Le Groupe SRC (Socialiste, Radical, Citoyen) à l’Assemblée nationale estime quant à lui dans un communiqué rendu public le 12 novembre que la décision de la Cour "ouvre la voie à une jurisprudence dangereuse", contredisant "l’esprit de la loi de 2004". "Elle donne une caution juridique à ceux qui comme M. Vanneste estiment que les homosexuels sont "inférieurs" aux hétérosexuels, affirme le Groupe.
Cette hiérarchisation va bien au-delà de la liberté d’expression. Elle est l’essence même de la discrimination et remet en cause tous les efforts du législateur pour assurer l’égalité des droits dans la République."