Campagne Aides avec Michel Kazatchkine

Michel Kazatchkine, le directeur exécutif du Fonds mondial, ne se départit pas de son sourire. Mais ces derniers jours, le Fonds a vécu un des pires moments de son histoire. Créé en 2002 pour venir en aide aux pays les plus pauvres dans la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Fonds mondial a déjà dépensé plus de 11 milliards de dollars à des projets contre ces trois maladies dans 136 pays. C’est en grande partie grâce à lui que plus de deux millions de malades du sida sont traités dans les pays du Sud, principalement en Afrique, contre moins de 200 000 il y a huit ans.

Aujourd’hui, cet effort sans précédent pourrait être remis en cause
par les principaux pays donateurs, les États-Unis, la Grande-Bretagne
et la France. Les conseillers de ces pays, qui siégeaient le week-end
dernier à New Delhi (Inde), au sein du Conseil d’administration du
Fonds mondial, se sont entendus pour refuser de financer certains
projets.

C’est la Global Aids Alliance qui a tiré la sonnette d’alarme.
Selon cette organisation non gouvernementale, qui a publié un
communiqué le 7 novembre, "les autorités américaines se seraient
entendues avec leurs homologues français et britanniques pour décider
des coupes sombres dans les programmes de santé à travers le monde."
Déjà, la veille, Act Up-Paris et Coalition Plus avaient dénoncé
l’attitude de la France et de Bernard Kouchner en particulier qui,
arguant de la crise financière mondiale, demandait au Fonds de ne pas
financer certains projets qui lui étaient présentés (lire leur communiqué
de presse
commun).

Ces pays donateurs sont membres du G8 et, à ce titre, ils se sont
engagés à l’objectif d’accès universel aux traitements d’ici 2010. De
nombreux experts craignent que cette première tentative n’annonce
d’autres revirements. Près de dix millions de malades attendent un
traitement et le sida tue chaque jour 6000 personnes dans le monde.

Christophe Martet